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Sérome, infection ou nécrose cutanée après liposuccion : pourquoi ils surviennent, comment les prévenir et comment les traiter

Par le Dr Sanjay Parashar, chirurgien plasticien · Dubai London Hospital, Jumeirah · 23 octobre 2026

La liposuccion se fait par de petites incisions : la plupart des patients ne s’attendent donc à aucun problème de cicatrisation, et la plupart n’en ont aucun. Mais sous la peau, la liposuccion laisse une large zone de tissus décollés, et c’est là que trois problèmes peuvent apparaître : une collection de liquide sous la peau (sérome), une infection et une atteinte de la peau elle-même (nécrose cutanée). J’explique ici comment reconnaître chacun d’eux, les principes SafePlast que j’applique pour réduire le risque, et comment chacun est traité.

D'abord : est-ce urgent ?

Contactez votre chirurgien le jour même, ou rendez-vous aux urgences, si vous présentez l'un de ces signes :

Une infection grave après liposuccion peut s’étendre rapidement. Un essoufflement, une douleur thoracique ou un mollet gonflé peuvent signaler un caillot sanguin et nécessitent des soins d’urgence.

Les trois problèmes

Le sérome : du liquide sous la peau

Un sérome est une collection de liquide clair ou jaune paille dans l’espace laissé par la liposuccion. Il se présente comme un gonflement mou et mobile, souvent sur le bas-ventre, le dos ou les flancs, et apparaît généralement une à trois semaines après l’intervention. Il n’est pas dangereux en soi, mais un sérome négligé peut s’infecter ou former une coque ferme.

L’infection

L’infection se manifeste par une rougeur, une chaleur, une douleur croissante, de la fièvre ou un écoulement par une incision. La plupart des infections répondent à un traitement précoce. Rarement, une infection profonde à extension rapide se développe : c’est une urgence.

La nécrose cutanée : l’atteinte de la peau

Si la peau perd sa vascularisation, ou si elle est brûlée par la chaleur d’un appareil, elle devient foncée, se couvre de cloques et peut se transformer en plaie ouverte. Ce risque est plus élevé après une liposuccion agressive juste sous la peau, l’utilisation d’appareils thermiques trop près de la peau, des gaines trop serrées, ou une liposuccion associée à d’autres interventions sur la même zone.

Sept principes SafePlast que j’applique à chaque liposuccion

1. Respecter des volumes sûrs

Je respecte les limites de la Dubai Health Authority : jusqu’à 5 000 ml de graisse en une séance, et jusqu’à 2 000 ml lorsque la liposuccion est associée à une abdominoplastie ou à un lifting corporel. Plutôt que d’enlever le plus possible, je me concentre sur les zones qui apportent le plus de bénéfice et préservent les proportions du corps à long terme.

2. SIS et SIT pour contrôler le saignement

J’utilise une solution d’infiltration standard (SIS) injectée selon une technique d’infiltration stratifiée (SIT), couche par couche, avant l’aspiration de la graisse. Cela limite le saignement et les ecchymoses, et réduit le liquide et le sang qui peuvent s’accumuler ensuite.

3. Protéger la peau

J’utilise des canules douces de type Mercedes de 3 et 4 mm et je laisse toujours une couche protectrice de graisse sous la peau : environ 1,5 cm le long des sillons naturels de l’abdomen (ligne blanche et lignes semi-lunaires), environ 2 cm ailleurs, et environ 2,5 cm lorsque l’élasticité de la peau est faible. Cette couche préserve la vascularisation de la peau et garde une surface régulière.

4. Utiliser les appareils en toute sécurité

Chaque appareil a un rôle précis. J’utilise surtout le VASER, car il émulsionne la graisse en douceur et réduit les ecchymoses. J’utilise Renuvion de façon sélective, sur le haut et le bas du ventre et les bras, chez les patients présentant un relâchement cutané qui ne souhaitent pas de chirurgie d’exérèse. Je réserve le laser aux zones de peau fine : dans et autour du nombril, les coudes, les genoux et le double menton, où il donne les meilleurs résultats. Entre des mains expertes, et au bon endroit, ces appareils apportent un bénéfice sans ajouter de risque.

5. Prévenir le sérome

Le sérome est surtout dû à une lésion des canaux lymphatiques profonds. Ma technique, avec la SIT et les canules Mercedes, est conçue pour les protéger. Je place les incisions aux points les plus bas (déclives) et je les laisse ouvertes, afin que le liquide s’évacue au lieu de s’accumuler. Chez certains patients, j’utilise aussi des drains, en particulier chez les hommes et les personnes à peau épaisse et foncée. Le drainage lymphatique commence dès que possible après l’intervention, selon le confort du patient.

6. Des chirurgiens qualifiés dans un établissement accrédité

Une intervention réalisée par un chirurgien plasticien qualifié, dans un hôpital accrédité respectant des normes de stérilité et de surveillance rigoureuses, réduit le risque d’infection et de caillots, et améliore la sécurité globale.

7. Suites opératoires et suivi

Les patients marchent le jour même. La gaine de compression se porte en deux étapes pendant six à huit semaines, selon le relâchement de la peau, et une activité physique contrôlée et progressive reprend dans les 10 jours. Je revois mes patients à 24 heures, 5 jours, 2 semaines, 1 mois, 3 mois, 6 mois et 1 an.

Vos propres facteurs de risque

Le tabac ou la cigarette électronique, le diabète, un IMC élevé, une liposuccion antérieure sur la même zone et certains médicaments augmentent tous le risque. Signalez chacun d’eux à votre chirurgien avant l’intervention, afin qu’ils soient pris en charge à l’avance.

Comment chaque problème est traité

Sérome

Le sérome est ponctionné à l’aiguille au cabinet, puis une compression ferme est appliquée. Lorsqu’un sérome récidive, la clé est d’éviter les ponctions trop fréquentes : soit nous ponctionnons à intervalles espacés, soit nous plaçons un drain, toujours avec une compression, pour que l’espace se referme. Si une coque s’est formée, une petite intervention peut être nécessaire pour la retirer.

Infection

Nous identifions la cause, réalisons des prélèvements, débutons l’antibiotique adapté et drainons toute collection. Une infection profonde ou à extension rapide est traitée à l’hôpital, avec une chirurgie pour retirer les tissus infectés.

Nécrose cutanée et plaies ouvertes

Nous ne retirons que la peau et les tissus clairement morts (débridement minimal), puis nous utilisons la thérapie par pression négative (VAC) pour nettoyer la plaie et en rapprocher les bords.1 Lorsque c’est possible, la plaie est refermée tôt en avançant la peau voisine, qui s’étire lentement sous une tension constante (fluage cutané), à l’aide de sutures d’ancrage plutôt que d’une greffe de peau.2,3,4 Une fois la plaie cicatrisée, la prise en charge de la cicatrice commence.

Questions fréquentes

Un peu de gonflement et de liquide est-il normal après une liposuccion ?

Oui. Le gonflement et un peu de liquide clair ou rosé s’écoulant des incisions les premiers jours sont normaux ; je laisse les incisions basses ouvertes pour que ce liquide puisse s’évacuer. Un gonflement mou et mobile qui apparaît ou grossit après la première semaine peut être un sérome et doit être examiné.

Un sérome peut-il disparaître tout seul ?

Les petits séromes disparaissent parfois, mais la plupart doivent être ponctionnés. Laissés en place, ils peuvent s’infecter ou former une coque ferme.

Pourquoi ma peau est-elle devenue foncée après la liposuccion ?

Les ecchymoses sont normales, mais une peau qui devient violet foncé, grise ou noire, ou qui présente des cloques, peut manquer de vascularisation ou avoir subi une brûlure thermique. Contactez votre chirurgien le jour même.

Les boules dures après une liposuccion sont-elles un problème ?

Les zones fermes sont fréquentes pendant que le gonflement se résorbe. Une boule douloureuse, rouge ou qui grossit doit être examinée.

J’ai eu une liposuccion ou un BBL à l’étranger. Pouvez-vous m’aider ?

Oui. Apportez votre compte rendu opératoire et la liste de vos médicaments, ou envoyez-nous des photos sur WhatsApp pour que nous vous conseillions sur la marche à suivre. Dans ma propre pratique, je ne réalise pas le BBL traditionnel ; je réalise un lifting fessier sécurisé avec lipofilling guidé par échographie.

Ce que vous pouvez faire dès maintenant

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Références

  1. Morykwas MJ, Argenta LC, Shelton-Brown EI, McGuirt W. Vacuum-assisted closure: a new method for wound control and treatment: animal studies and basic foundation. Ann Plast Surg. 1997;38(6):553–562.
  2. Gibson T, Kenedi RM, Craik JE. The mobile micro-architecture of dermal collagen: a bio-engineering study. Br J Surg. 1965;52:764–770.
  3. Neumann CG. The expansion of an area of skin by progressive distention of a subcutaneous balloon. Plast Reconstr Surg. 1957;19(2):124–130.
  4. Wilhelmi BJ, Blackwell SJ, Mancoll JS, Phillips LG. Creep vs. stretch: a review of the viscoelastic properties of skin. Ann Plast Surg. 1998;41(2):215–219.

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Cet article fournit des informations générales et ne remplace pas un avis médical. Les décisions de traitement ne sont prises qu’après un examen en personne. En cas d’urgence, rendez-vous au service d’urgence le plus proche.